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GEORGES CLOVIS – PARKER

La rencontre

 

La rencontre eu lieu un hiver. La rue était déserte et glaciale. Le vent qui descendait du nord mordait les lèvres d’un cruel baiser. Dans la grisaille du jour la boutique à la devanture défraîchie, faiblement éclairée , semblait pourtant vibrer d’une accueillante tiédeur.

Mu par je ne sais quelle obscure énergie, je poussai la porte vitrée,  faisant tinter la petite sonnaille suspendue au chambranle. Une soudaine et violente bouffée de  chaleur me surprit.

Après avoir échangé les politesses d’usage avec le tenancier,  je me débarrassai  de mon lourd pardessus de laine et de ma chapka d’astrakan et, les posant sur le fauteuil bancal qui se trouvait là, je remarquai le grand mur de droite sur lequel étaient accrochées une douzaine de peintures jaunies aux formats variables .

Je m’approchai, faisant craquer sous mes pas, les lattes disjointes du plancher et plongeai aussitôt mon regard dans celui  de l’homoncule aux yeux exorbités, peint sur la toile n°3. Sa langue rouge fouillait une oreille voisine, et son ventre, ouvert comme une fleur éclose, expulsait en douceur une sorte de poisson pathétique aux écailles mauves.

A cet instant précis je ne me doutais pas encore que, corps et âme, je serais désormais lié à cette représentation grotesque de la condition humaine et que la peinture de Bernard Le Nen allait définitivement transformer ma vie.

 

Georges Clovis-Parker
“La Chapka et le pinceau ”

Editions de L’homoncule. 2003.


























































































Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 13:43

 

L' encre et le papier. Depuis mes premières minutes d'apprentissage de l'écriture ces deux là m'accompagnent, papier à carreaux des cahiers scolaires , encre bleue des encriers de porcelaine.

 Malgré la difficulté à dompter la "sergent-major", j'ai du aimer ça j'imagine. J'ai du aimer ces lignes, ces traces, et en dépit des mauvaises notes, j'ai forcément adoré ces taches ( inévitables ) pour continuer à jouer avec pendant si longtemps.

L'écriture initiale à pris ensuite des formes inattendues, généreuses, et hors des grilles, s'est évadée dans les marges, adoptant une attitude graphique décidément plus libre.

  L'encre épaisse, sombre ou légère allongée d'eau, le papier, chiffon, vélin d'arches, blanc ou bistre et toujours la plume, sonore, crachante , dure ou tendre, au trait si fin.

L'encre, la plume et le papier. Le pinceau est venu bien plus tard car dans ma tête d'enfant sage, obéissant et occidental le pinceau était destiné à la peinture , gouache, aquarelle, huile, un point c'est tout on tire un trait là-dessus ya pas à discuter.

  J'avoue avoir mis un certain temps avant de désobéir.             

Douceur et nervosité du petit gris qui glisse , bifurque, s'écrase ou se soulève donnant au noir force et vie, j'ai aimé aussi.

L'encre, le papier, la plume et le pinceau. Le dessin, c'est l'instant , une respiration, un souffle et la main qui rode, furète, hésite ou fonce, le tracé qui parfois s'impose, le dérapage incontrôlé ou le pâté sournois qui tentent de m' égarer mais avec lesquels il faut compter : pas de repentir, pas de retour possible, le fil se déroule, jusqu'au bout.

 

 

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A l'occasion du Fil de l'encre les 2 et 3 octobre à Lasalle (30) je présenterai quelques encres sur papier et autres dessineries dans le cadre du futur atelier, à l'étage de la Filature du pont de Fer rénovée ( Rue de la gravière juste derriére la poste.)
 samedi 2 de 14h à 19h - dimanche 3 de 10h à 18h


Programme et renseignements LE FIL DE L'ENCRE :

http://lafilaturedupontdefer.over-blog.org

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