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GEORGES CLOVIS – PARKER

La rencontre

 

La rencontre eu lieu un hiver. La rue était déserte et glaciale. Le vent qui descendait du nord mordait les lèvres d’un cruel baiser. Dans la grisaille du jour la boutique à la devanture défraîchie, faiblement éclairée , semblait pourtant vibrer d’une accueillante tiédeur.

Mu par je ne sais quelle obscure énergie, je poussai la porte vitrée,  faisant tinter la petite sonnaille suspendue au chambranle. Une soudaine et violente bouffée de  chaleur me surprit.

Après avoir échangé les politesses d’usage avec le tenancier,  je me débarrassai  de mon lourd pardessus de laine et de ma chapka d’astrakan et, les posant sur le fauteuil bancal qui se trouvait là, je remarquai le grand mur de droite sur lequel étaient accrochées une douzaine de peintures jaunies aux formats variables .

Je m’approchai, faisant craquer sous mes pas, les lattes disjointes du plancher et plongeai aussitôt mon regard dans celui  de l’homoncule aux yeux exorbités, peint sur la toile n°3. Sa langue rouge fouillait une oreille voisine, et son ventre, ouvert comme une fleur éclose, expulsait en douceur une sorte de poisson pathétique aux écailles mauves.

A cet instant précis je ne me doutais pas encore que, corps et âme, je serais désormais lié à cette représentation grotesque de la condition humaine et que la peinture de Bernard Le Nen allait définitivement transformer ma vie.

 

Georges Clovis-Parker
“La Chapka et le pinceau ”

Editions de L’homoncule. 2003.


























































































Dimanche 2 octobre 2005 7 02 /10 /Oct /2005 00:00
Non, non, rassurez  vous je ne me suis pas réveillé ce matin sous l'emprise d'une crise de catho-mysticisme aigüe, mais il faut bien avouer qu' une église du XVeme ça m'a une autre gueule qu' une salle "polynavrante" ( comme dirait mon ami Jean-François ), à plus forte raison lorsque la dite église se retrouve débarassée de tous signes ostentatoires: l' architecture nue, marquée, déglinguée par les siécles, mais debout, et comment !

Nous sommes à Arles.
Il faudra faire abstraction de ces cars climatisés , qui déversent à flot continu leurs touristes béats et rougeauds. Ils bouffent du patrimoine et du Van Gogh ( Pauvre Vincent...) comme ils s'enfourneraient un burger King-size.
Il faudra oublier ces luxueuses croisières sur le grand fleuve, piscine à bord, grand confort première classe, ces bateaux aux noms évocateurs .( Pauvre Vincent...)
Il faudra oublier ces innombrables boutiques à santons, et à tournesols ( Pauvre Vincent.....),
le folklore insistant  ArlesienneBizetprovencetissustoros, oublier encore ces terrasses qui envahissent les places et ce café de nuit aux couleurs d'opérette ( Pauvre Vincent...encore une fois.)
Cela règlé, se révèlent la beauté des lieux, les traces innombrables des civilisations qui se succèdent, la multiplicité des cultures du sud, leurs lumières, charriées par le grand Rhone.
L'eglise est là, près du fleuve, presque invisible, au centre d'un enchevètrement de  maisons.
Nous sommes treize frères rêveurs qui, à l'invitation de Philippe Hamant  avons déposé ou accroché là nos imaginaires.
Et ça le fait.

Les Frères et soeur rêveurs:
Christophe - Olivier BUSER - Stéphane CARBONE - Pierre DELLA  GIUSTINA
Stéphane DUBOIS - Philippe HAMANT - Bettina KRAEMER - Bernard LE NEN -
Luc MURATET - Gérard NICOLLET - Jean-Gilles QUENUM  - Jean-François RIEUX -
Nicolas RUDLER.


"ENTREE EN MATIERES"
Eglise des Frères-Prêcheurs
rue du docteur Fanton - ARLES
Du 1er au 30 Octobre 2005
tlj de 14h à 18h
samedi de 10h à 12h et 14h à 18h

Association ORIGINART
Quartier St Hippolyte 13280 RAPHELE-LES-ARLES
Contact  Philippe HAMANT  06.10.53.12.88
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