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GEORGES CLOVIS – PARKER

La rencontre

 

La rencontre eu lieu un hiver. La rue était déserte et glaciale. Le vent qui descendait du nord mordait les lèvres d’un cruel baiser. Dans la grisaille du jour la boutique à la devanture défraîchie, faiblement éclairée , semblait pourtant vibrer d’une accueillante tiédeur.

Mu par je ne sais quelle obscure énergie, je poussai la porte vitrée,  faisant tinter la petite sonnaille suspendue au chambranle. Une soudaine et violente bouffée de  chaleur me surprit.

Après avoir échangé les politesses d’usage avec le tenancier,  je me débarrassai  de mon lourd pardessus de laine et de ma chapka d’astrakan et, les posant sur le fauteuil bancal qui se trouvait là, je remarquai le grand mur de droite sur lequel étaient accrochées une douzaine de peintures jaunies aux formats variables .

Je m’approchai, faisant craquer sous mes pas, les lattes disjointes du plancher et plongeai aussitôt mon regard dans celui  de l’homoncule aux yeux exorbités, peint sur la toile n°3. Sa langue rouge fouillait une oreille voisine, et son ventre, ouvert comme une fleur éclose, expulsait en douceur une sorte de poisson pathétique aux écailles mauves.

A cet instant précis je ne me doutais pas encore que, corps et âme, je serais désormais lié à cette représentation grotesque de la condition humaine et que la peinture de Bernard Le Nen allait définitivement transformer ma vie.

 

Georges Clovis-Parker
“La Chapka et le pinceau ”

Editions de L’homoncule. 2003.


























































































Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /Oct /2007 15:11
La Caravane des Singuliers au Maroc
 Christine Caligaro, Sylvie Kyral, Alberto Cuadros, Olivier Ziller et Bernard Le Nen
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Christine , Sylvie, Alberto, Olivier, et moi avec Ahmed, Mostafa, Lobna, Zinedine, Saïd, Najat,
Rachid et les autres ,ceux dont je n'ai, honte à moi, malheureusement pas retenu les prénoms.
(Absents sur la photo: Freaky, Youssef et d'autres encore...)


Une belle photo de groupe pour terminer l'aventure marocaine de la caravane après une semaine d'expo, d'échanges, de création commune et la réalisation de deux peintures collectives sur les murs de la délégation culturelle à Tanger.
La très belle Galerie Linéart de Bassit BenDahman présentait parallèlement les oeuvres d'une quinzaine d'artistes singuliers présents à la Caravane de Villeneuve lès Maguelonne au printemps.
Une semaine à l'invitation de Rachid Amahjour délégué à la culture, dans la cadre de son festival " Tanger sans Frontières", festival poulaire qui mêle théâtre, musique, arts plastiques, littérature
Le festival, qualifié de multidisciplinaire par les organisateurs, se veut un espace d'échanges, de dialogue et de découverte de l'autre à travers expositions, débats, tables rondes, ateliers et spectacles de musiques traditionnelles. ''Tanger sans frontières a pour objectif de s'ouvrir sur la diversité culturelle, et offrir aux jeunes de nouveaux horizons dans le domaine culturel'', relève, Rachid Amahjour, délégué provincial de la culture.

Rachid croit avec force à la culture à l'éducation, aux rencontres, au partage, à la confrontation des points de vue. Il veut bousculer pour avancer, s'enrichir d'expériences nouvelles vers plus d'ouverture et de liberté.
" Et il y a du boulot dit-il...."
Nos ateliers ou paticipèrent des artistes marocains pour la plupart professeurs d'arts plastiques allèrent dans ce sens.
Le dialogue fut riche, généreux, utile et joyeux.
Ce fut une semaine Tangeroise au rythme du ramadan avec des escapades à Chefchaouen la ville bleue,à Tetouan, ville de "Freaky" (artiste "singulier" s'il en est), avec une visite de l'école des Beaux Arts par son directeur Mr Ouazzani , à Assilah au bord de l'atlantique, belle cité aux nombreux artistes, connue par un festival culturel au mois d'août et ses peintures murales.
Nous avons laissé des traces sur les murs, dans les coeurs j'espère, et nous ramenons avec nous l'image d'un Maroc,
ouvert, accueillant, un Maroc de la misère aussi,  mais riche d'hommes et de femmes de bonne volonté, convaincu de l'importance de l'échange, de l'éducation, de la culture. Merci à eux et à Moss, Christine et " Singuliers Diffusion" de nous avoir embarqué dans cette aventure.

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