Lundi 3 avril 2006
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La rencontre eu lieu, le 28 Janvier 1990. La rue était déserte et glaciale. Le vent qui descendait du nord mordait les lèvres d’un cruel baiser. Dans la noirceur du jour la boutique à la devanture défraîchie, faiblement éclairée , semblait pourtant vibrer d’une accueillante tiédeur.
Mu par je ne sais quelle étrange énergie, je poussai la porte vitrée faisant tinter la petite sonnaille suspendue au chambranle. Une soudaine et violente bouffée de chaleur me surprit. L'horloge au dessus du comptoir indiquait 16h36.
A 16h37 après avoir échangé les politesses d’usage avec le tenancier, et m’étant débarrassé de mon lourd pardessus de laine et de ma chapka d’astrakan je plongeai mon regard dans celui de l’homoncule aux yeux exorbités, peint sur la toile n°3. Sa langue rouge fouillait une oreille voisine, et son ventre, ouvert comme une fleur éclose, expulsait en douceur un poisson pathétique aux écailles mauves.
Il était 17h14 lorsque, épuisé, je parvins enfin à baisser les paupières . A cet instant précis je ne me doutais pas encore que, corps et âme, je serais désormais lié à cette représentation grotesque de la condition humaine et que la peinture de Bernard Le Nen allait définitivement transformer ma vie.
Georges Clovis-Parker
“La Chapka et le pinceau ”
Editions de L’homoncule. 2003.
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Dimanche 2 avril 2006
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19:04
C'est bien parti pour ....... en attendant la sève monte.
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