Vendredi 21 décembre 2007
" Nativité " acrylique sur papier . Début du XXIeme siècle
Où l'on peut voir la venue au monde de Lëon , dans une humble étable à bestiau.
Lëon ! Lëon !Jouez les luths, cromornes ,guiternes et chalumeaux, rebecs, citoles,chalemies et mandores, sortez les enceintes, envoyez du gros son, du lourd, du qui décoiffe,débouchez les flacons ,Lëon ! Lëon!
Grozef, un pauvre jardinier et son épouse Maari Loiselle, enceinte jusqu'au cou du magicien d'Oz, avaient fait le déplacement à Hogéhème comme toute la population de la province pour subir le test ADN décreté obligatoire par le gouverneur Zarkos ils arrivèrent à la bourre au coucher du soleil et ne trouvèrent aucune chambre libre, toutes les auberges affichant complet, ils décidèrent alors de passer la nuit sous ce toit de fortune situé tout près du grand stade.
C'est là même la terre brune que Lëon vit la nuit entre le Canifrogue à Croissant et le Glou Cornu ( avec en guise de couvre - chef l'encorné du jour , l'infâme collecteur Avida Trimane).
Certains esprits embrumés reconnurent alors en l'enfant l'envoyé du Ciel...( Hum.., le fils de Dieu, je vous demande un peu, certains ont de ces idées...)
Par une économie de moyens ( deux couleurs seulement, un presque blanc et un presque noir,) mais avec cependant beaucoup d'efficacité, l'artiste sublimant la scène à l'aide d'une esthétique primitive nous replonge dans l'atmosphère lunaire de ce misérable espace. Cet espace, réduit à sa plus simple expression,(ce fond brun rouge presque noir grossièrement brossé,) contraste d'une manière brutale par sa simplicité même, avec les personnages qui l'occupent. Sont réunis sous cet abri d'urgence, Maari, Grozef, Lëon nouveau né, le Canifrogue, le Glou Cornu, la dépouille encornée d'Avida Trimane. Les protagonistes, lumineux, ( l'on pourrait presque dire "enluminés" à la vue des "tatouages" dont ils sont l'objet) , traduisent par leurs seules attitudes, une force déterminée, oserais-je dire tranquille. Du thorax de Lëon, encore relié par le crâne au coté de sa mère, se développe une fleur à quatre pétales, rappel évident de l'humble métier de son père, symbole éphémère de la vie fragile.
En périphérie de la scène vous noterez la présence accessoire , mais puissante cependant, du serpent et du mammifère aboyant. Leur situations sont diagonalement opposées, en haut à gauche pour le premier, en bas à droite pour le second, doit - on y voir la représentation d'un quelconque antagonisme ? Et quel serait -il ?
Bien plus qu'une illustration détaillée d'un fait précis, nous sommes ici face à une réflexion sur le mystère de la naissance, de l' existence même et inévitablement de la mort vers laquelle bestiaux et gens sont ensemble irrémédiablement entraînés.





